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Entretien avec le Président Thierry Emin

Entretien avec le Président Thierry Emin

Depuis la défaite du match pour le maintien en Top 14, le club est resté silencieux sur les conséquences de cette descente en Pro D2 et le projet du club. Le Président Thierry Emin se confie.

Dans quel état d’esprit êtes-vous après cette défaite lors du match d’accession contre Grenoble ?

C’est une immense déception, tant sur le score du match que sur l’état d’esprit du groupe. L’équipe a su se remobiliser pour accomplir une très belle série lors des huit derniers matchs de la saison régulière. Ils ont su redonner l’espoir à tout un club et toute une ville, ce qui rend cet échec d’autant plus douloureux. Il faut désormais prendre du recul. L’analyse a été faite et on en a tiré les conséquences.

Comment avez-vous réagi avec les membres du directoire après cette rencontre ?

Dès le dimanche matin qui a suivi, Dougal Bendjaballah, Hervé David et moi-même, nous sommes réunis pour rebondir et travailler sur le projet Pro D2. Nous avons pris des décisions fortes dans la composition du staff sportif en acceptant de libérer Mike Prendergast et en ne renouvelant pas la deuxième année du contrat de Vincent Krischer en charge de la défense. Car même si nous avions été emballés par le jeu d’attaque et que l’on ne souhaite pas y renoncer, il nous faudra aussi revenir à plus d’équilibre conquête, attaque, défense.

Avec la plus mauvaise défense du championnat, 100 points encaissés sur les deux derniers matchs, le retour aux fondamentaux s’impose. Au-delà de la technique, de la philosophie de jeu, c’est aussi une histoire d’hommes. A trop vouloir, et surtout trop rapidement, changer notre ADN d’Oyomen nous nous sommes perdus. Au-delà du travail, le respect et la loyauté n’ont pas été toujours au rendez-vous. Nous avons été très fortement déçus par certains comportements.

Quelle est l’ambition du club pour la prochaine saison ?

Nous avons conscience de la dureté de ce championnat de Pro D2 et de plus nous en avons fait l’amère expérience. Il va falloir aborder cette saison avec humilité mais se redonner tous les moyens pour une relance ambitieuse. La seule façon d’atteindre le TOP 14 est d’aller en finale et de prendre la voie la plus courte pour y parvenir.

On sait que les championnats de Top 14 et de Pro D2 sont différents, le projet de jeu mis en place la saison dernière va-t-il changer ou évoluer ?

Ce sont forcément les entraineurs qui vont le définir mais nous avons montré notre capacité à déployer un nouveau jeu, la feuille de route sera de la conserver sans oublier les fondamentaux de notre jeu : la conquête et la défense.

Ce projet de jeu sera porté par quel staff ?

Nous travaillons actuellement sur une recomposition du staff et nous pourrons vous le dévoiler dans les jours qui viennent.

Et quelle équipe ?

Ne pas rester en TOP 14 ne nous permettra pas de conserver certains joueurs qui auraient pu rester avec nous en cas de maintien comme Curtis Browning, Hikawera Helliot et Axel Müller. C’est avant tout un problème budgétaire et de JIFF (joueurs issus de la formation française) car l’année prochaine nous devrons aligner 15 JIFF sur la feuille de match alors que nous étions à 12 cette année. L’évolution des règlements contraint tous les clubs à réajuster fortement leur politique de recrutement. Nous sommes de plus en plus confrontés à une surenchère des salaires pour les joueurs JIFF et à une pénurie de ces mêmes joueurs disponibles sur le marché. Certains joueurs étaient prêts à nous rejoindre et avaient signé des engagements qui malheureusement sont devenus caduques, du fait de la descente en PROD2.

La formation n’est-elle pas une issue face à cette réglementation de plus en plus contraignante ?

Oui, c’est évident, grâce à la politique de formation engagée au club depuis plusieurs années et grâce au travail formidable des Présidents de l’association Frederic Morand, Franck Fucina et Stéphane Leportier.

Nous compterons également sur les jeunes talents espoirs qui intégreront une nouvelle structure ELITE, à la porte de l’équipe professionnelle, pour bousculer la hiérarchie. A ce titre, l’USO Rugby est encore une fois précurseur en la matière, avec la mise en place de cette cellule Elite. A notre connaissance il y a très peu de club qui ont franchi le pas avec une structure charnière entre le centre de formation et l’équipe professionnelle. Au sein d’Oyo Élite un entraineur et un préparateur physique dédiés proposeront à ces jeunes joueurs une formation sportive et rugbystique adaptée au haut niveau. Cette passerelle leur permettra de mieux les préparer au professionnalisme. L’avenir de l’USO dans l’élite passera obligatoirement par cette étape. 5 jeunes formés au club ont signé cette année un contrat professionnel.

La question la plus fréquente concerne Benjamin Botica, sera-t-il avec nous la saison prochaine ?

Certains joueurs sont très sollicités. Un club qui descend est à la merci des « charognards » aussi bien agents qu’autres clubs. Nous sommes touchés mais loin d’être morts. Nous aurons une grande majorité de notre effectif actuel pour la stabilité avec des renforts ciblés. Benjamin fait partie de ces joueurs enviés et sollicités, comme d’autres le sont également. Il se plait dans notre région, du coté rugbystique il a une grande liberté dans la conduite du jeu. Il est encore sous contrat et malgré la tentation compréhensible de rejouer en Top 14, Benjamin nous a affirmé qu’il restera à Oyonnax l’an prochain ! C’est une marque de confiance qui honore le club et ses supporters. Oyonnax doit rester un grand club et le restera. Les derniers matchs à Mathon ont montré que le territoire de l’Ain et des montagnes du Jura vibraient avec nous. Il nous faut poursuivre cette formidable histoire. Le projet global du club sera présenté en juin et les Oyomen vous donnent rendez-vous le 17 août pour le début du championnat.

Merci Thierry Emin d’avoir répondu à nos questions.